lundi 24 août 2009, par Pote à pote
Prés de trois ans plus tard le procès s’est ouvert en assises le 26 janvier 2009. Les témoins se sont succédés à la barre pour tenter de comprendre la personnalité complexe de l’accusé. Jean Marie Garcia est décrit par son ex compagne comme quelqu’un de « gentil » « bosseur » « fort » et « intelligent » quand il était sobre. Le problème étant qu’il était rarement sobre. Dés, le premier jour d’audience un autre aspect de Garcia s’est révélé. Il est apparu comme quelqu’un ne supportant pas l’autorité et qui refusera de répondre aux questions du procureur général Vioux relativement à la provenance des armes retrouvées chez lui.
Dés le début du procès M. Garcia niera le mobile raciste. Bien qu’il ne puisse expliquer les raisons de son geste, celui-ci n’aurait su résulter du racisme. L’hypothèse d’un racisme inconscient sera évoqué par Bernard-Henry Levy lors de sa comparution en tant que témoin.
Le 30 janvier, le verdict fut annoncé. Jean Marie Garcia fut condamné à 25 ans de réclusion criminelle et la circonstance aggravante de crime raciste na pas été retenue.
Pour la famille, il s’agit d’une déception, le demi frère de la victime a indiqué « Effectivement, justice a été faite mais on ne sait toujours pas la vérité. On a toujours pas le mobile au bout d’une semaine au tribunal. C’est ma plus grosse déception, on aurait aimé avoir une explication ».
A l’issue du procès en assises de Monsieur Garcia, SOS Racisme tient à saluer la dignité de la famille de la victime durant ces trois longues années. Notre mobilisation commune pour la justice et la vérité, a permis que se tienne un procès exemplaire : tant par le nombre de témoignages que par la qualité des débats. Mais il restera des zones d’ombres sur ce dossier : Jean Marie Garcia n’a-t-il pas tué Chaïb à cause de préjugés ? Le sentiment de peur qu’il a ressenti face à Chaïb et à son cousin n’est-il pas le résultat de ces préjugés ? Ces questions resteront en suspend pour la famille car l’accusé n’a jamais été en mesure d’expliquer son geste.
Julie Gaillard